Au début, j’étais comme vous

Au début j’étais comme vous. Je me disais que ce conflit n’avait pas sa raison d’être. J’avais tout faux, archifaux même. Pourtant, ma position sur la hausse demeure intacte. Je crois qu’on se doit de financer davantage les universités et que, par conséquent les étudiants se doivent de faire leur part dans ce recours dit « collectif ». Cependant, quand on met ces revendications dans le contexte de l’inéquité intergénérationnelle, on se rend vite compte que cette mobilisation a amplement sa raison d’être. Quand on regarde la loi 78 on ne peut que s’indigner devant l’attitude méprisante, paternaliste et anti-démocratique de notre gouvernement. Restreindre les droits de ses citoyens au nom de la paix et l’ordre n’est jamais une bonne nouvelle pour la liberté d’expression. Empêcher sa population de se rassembler spontanément est un recul majeur pour notre société démocratique.

Lire la suite

Tagué , , , , , ,

Matraquer la démocratie

J’ai honte, je fulmine, je ne veux pas y croire.

Qui aurait pensé qu’une loi matraque, une loi qui brime les libertés fondamentales, serait proposée, acceptée, entérinée dans notre démocratie québécoise?

Avec la loi 78, on en est rendus là. Quand quelqu’un m’a dit que la loi allait punir sévèrement les manifestants, je ne croyais pas cela possible. Je ne croyais absolument pas que le gouvernement allait oser s’attaquer ainsi au droit de manifester.

En encadrant de la sorte ce droit, on transcende le débat rouge-vert. C’est la population entière qui doit être concernée par cette attaque libérale. Les syndiqués, employés, groupes de pression, étudiants, contribuables. Les manifs ne peuvent plus être spontanées, elles doivent être communiquées d’avance au corps policier; l’itinéraire aussi.

Et ça va plus loin encore. La clause qui atteste que ”Quiconque, par un acte ou une omission, aide ou, par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction et est passible de l’amende prévue” compose une sérieuse lacune. Le carré rouge sera- t-il considéré comme une incitation à manifester? Si jamais j’encourage mon entourage à prendre la rue pour exprimer leur mécontentement, dans une manif non déclarée, serais-je passible d’une amende?

La résolution de ce conflit qui perdure ne passe présentement pas par un bon chemin. La judiciarisation blatante de la question ne fait que gangrainer les possibilités de négociations.

Le Barreau du Québec dénonce cette loi, la jugeant comme une atteinte aux droits fondamentaux. Le gouvernement fait la sourde oreille, borné à jouer la ligne dure aux étudiants. Il se montre autoritaire, inflexible. J’ai bien peur que cette technique ne serve qu’à enflammer la colère des étudiants et des citoyens. J’ai aussi bien peur que ce soit le but des Libéraux.

Cette loi me fâche, me frustre, me désole. J’ai toujours été fière de ma terre d’adoption, de faire partie de cette société libre. Je ne veux pas me lancer dans des comparaisons douteuses ni dans des conclusions hâtives, mais aujourd’hui, la démocratie a reculé d’un pas.

Nahila Bendali

La justice de l’homme blanc

Des manifestants à la Million Hoodie March pour dénoncer le crime haineux et impuni commis contre le jeune Trayvon Martin.

On le sait, les États-Unis ont de tout temps été déchirés par un racisme ambiant, une division sociale entre les Blancs et les autres. De la Guerre de Sécession causée (en partie, ne soyons pas trop naïfs) par un désir d’abolir l’esclavagisme par Abraham Lincoln, à Rosa Park, cette femme qui a déclenché le mouvement des droits civils dans les années 50 en refusant de céder son siège à un Blanc alors que le chauffeur de l’autobus le lui intimait, la situation a tranquillement évolué. Je ne saurais m’appuyer assez fort sur ce mot, tranquillement. Car on a beau avoir assisté à l’intronisation du premier Président à la peau noire en janvier 2009, l’homme blanc domine toujours chez nos voisins du Sud.

Le 26 février dernier, le jeune Trayvon Martin, 17 ans, revenait paisiblement du dépanneur, un sac de bonbons à la main et une bouteille de thé glacé dans l’autre, le capuchon de son hood couvrant sa tête. Rien de bien extraordinaire. C’était sans compter l’incroyable vigilance d’un auto-proclamé défenseur de son quartier, George Zimmerman, qui jugea l’adolescent “dangereux” et l’abattu froidement d’une balle de 9 mm dans le dos. “Il marche sous la pluie et regarde autour de lui. Il a l’air drogué… Il s’agit d’un individu mâle, de race noire…”, tels furent ses mots au 911 quelques minutes avant de passer à l’acte. Un crime raciste, tout ce qu’il y a de plus haineux. Un crime abjecte et tristement beaucoup trop commun aux États-Unis.

Mais après tout, la justice américaine saura punir le fautif n’est-ce pas? C’était sans penser à la loi : “Stand your ground” introduit par le gouverneur de l’État, Jed Bush, en 2005 qui “allégeait” la définition de légitime défense. Et l’impensable fut fait, George Zimmerman a été  acquitté libéré car, à travers sa vision stéréotypée et haineuse de l’homme noir, un jeune adolescent à la peau matte marchant nonchalamment avec un hoodie sur la tête est nécessairement un membre de gang de rue et dangereux pour sa sécurité. Il était en son bon devoir de le tuer…

Lire la suite

Ouatte de phoque, la hausse?

Inspiration du titre

Tannée de voir Jeune Insolent sous le joug unilatéral pro-hausse, anti-grève, j’ai décidé de me jeter dans la fosse aux lions.

Lorsque la nouvelle s’est propagée que le gouvernement libéral allait hausser les frais de scolarité de 325 $ par année, je me disais que oui, il fallait bien faire notre part en tant qu’étudiants. Puis, je me suis informée. Rapidement, je me suis rendue compte que cette hausse ne profitera ni aux étudiants, ni à la qualité de nos universités.

D’emblée, je veux souligner que ce que je dénonce, encore plus que cette hausse, c’est la mauvaise gestion des fonds et le retrait du financement public afin de privilégier les investissements privés et philanthropiques. En somme, ce n’est pas plus d’argent qui sera injecté dans l’enseignement supérieur, mais plutôt l’argent proviendra d’ailleurs.

On pleure sur l’état pitoyable de la qualité de notre éducation. On ne peut pas se payer de bons profs, les infrastructures universitaires sont en ruine (les gens qui fréquentent le H building de Concordia savent de quoi je parle). Pourquoi ne pas piger dans le poche des étudiants pour ramener nos universités dans les premiers rangs de classement? L’utilisateur payeur, quel concept merveilleux! Des universités québécoises qui rayonnent partout, la joie!

Lire la suite

Tagué , ,

Le ballon chasseur

Mes comparses sont nostalgiques du bon vieux temps. Ces derniers jours, un jeu autrefois pas mal à la mode refait surface. D’un côté les rouges, de l’autre les verts. À tour de rôle, on se lance la balle du plus fort qu’on peut dans le but de détruire l’équipe adverse. Quand on était petits, on se crinquait le bras en espérant qu’un plus vieux considère ce lancer quand viendra le temps de former les prochaines équipes. Mais souvent j’en venais à un constat; le match se finissait toujours en un contre un. Les plus forts de chaque équipe se lancent la balle, la rattrapent et se la relancent. Tout à coup la cloche sonne, match nul, on retourne en classe. Le petit Thomas est à l’infirmerie, la petite Magalie vient d’appeler sa mère, elle est tombée en pleine face sur l’asphalte. Deux blessés, aucun gagnant.

On vote, on manifeste, on s’obstine. Disons que personne ne pourra dire que les étudiants québécois sont des jeunes sans opinions. Moi, je suis contre la grève, mais je ne suis cependant pas contre les gens qui sont contre la hausse. Je suis contre les moyens qu’on utilise pour la contrer. Je ne m’embarquerai pas trop dans les statistiques parce que la numérologie démagogue a déjà pris trop de place dans cette campagne de mobilisation. Moi je trouve ça drôle. On se proclame la génération de la responsabilité individuelle. On veut faire payer les entreprises pour leurs émissions de carbones en leur imposant une taxe pour chaque mètre cube de CO2 émit dans l’atmosphère. On peut entendre des jeunes étudiants de Greenpeace dire : « l’économie c’est moins importante que l’environnement! Tout le monde doit faire sa part! » Sauf que quand ça vient de notre poche, là, c’est la guerre. Les gouvernements sont des pourris, les gens qui ont de l’argent c’est tous des crosseurs, si t’as un Iphone t’es un trou de cul et j’en passe…  Entendons nous! On veut réduire la dette nationale, mais on refuse de faire notre part. L’université, c’est cher, mais reste que la société assume encore aujourd’hui plus de 85% de la facture. Disons qu’on est loin du principe d’utilisateur-payeur tant prôné par notre génération.

Bon je vous vois me poser LA question. Et bien non, je ne paye pas mes études. Je paye seulement les cours que j’échoue, mais je m’arrange pour justement ne pas en échouer. J’ai un iPhone, je le paye. Comme mon gaz, mon linge, mes jeux, ma nourriture et tout ce qui vient avec. Je travaille environ 30 heures semaine et j’ai quatre cours à l’université. J’irai pas jusqu’à dire que je pourrais payer mes études moi-même parce que je sais qu’il y a des gens qui vont lire ça qui l’ont eu pas mal plus rough que moi dans la vie et dire ça sans l’avoir vraiment vécu, ça serait manquer de respect à ces gens-là. Mais il n’en demeure pas moins qu’en coupant quelque peu dans mes loisirs, je pourrais probablement payer mes cours. Je dis pas que ça serait facile, mais je persiste quand même à dire que plusieurs associations étudiantes sont loin de la réalité quand elles scandent leurs discours de gens oppressés par le gouvernement quand c’est avant tout grâce audit État qu’on a des universités.

Lire la suite

Tagué , , , , ,
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.